Les raisons d’un moratoire
# Modifié le 21/03/2007 à 16 h:39
L’incinération n’est-elle pas indispensable pour réduire la mise en décharge ?
NON : Le très fort pourcentage (43%) de déchets ménagers incinérés (Données
ADEME – 2004) n’a pas empêché un recours, introduit le 29 novembre 2005 par la
Commission des Communautés européennes (Affaire C-423-05) contre la France,
pour avoir toléré « le fonctionnement de très nombreuses décharges illégales et
incontrôlées en France ». La fermeture programmée de ces décharges n’implique
pas qu’elles soient remplacées par des incinérateurs mais que soient prises en
amont les mesures nécessaires pour que seuls des déchets ultimes et stabilisés
soient mis en décharge.
Dans la Communauté de Communes de la Porte d’Alsace, la mise en place, depuis
plusieurs années, d’une redevance incitative proportionnelle au poids de déchets
résiduels produits, d’une collecte sélective performante a permis de passer en
dessous de la barre des 100 kgs de déchets résiduels par habitant et par an (contre
290 kgs en moyenne en France). Avec ces faibles quantités de déchets ultimes
stables, l’incinération ne se justifie plus et n’est plus rentable. En France, la moyenne
des déchets ménagers incinérés par habitant dépasse 150 kgs par an. Sans
réutilisation des mâchefers, environ 30% de ce tonnage doit être éliminé en
décharge (de classe I ou II suivant les résidus) comme mentionné dans la question
3. L’incinération ne doit pas être opposée à la mise en décharge, puisqu’elle y fait
appel pour le stockage de ses résidus, mais bel et bien opposée au développement
de la valorisation matière (réemploi, recyclage et compostage). Les flux de déchets
recyclables tels que plastiques, papiers, cartons, correspondant à 36% (ADEME) du
poids de notre poubelle, sont aussi les meilleurs combustibles pour les
incinérateurs : pour bien fonctionner et être rentable, l’incinération impose de fait de
limiter la valorisation matière.
Pages de l'article
- L'incinération présente-t-elle un risque pour la santé publique ?
- Les nouveaux incinérateurs sont-ils « propres » et sans danger ?
- L'incinération fait-elle disparaître les déchets ?
- L'incinération est-elle une opération de valorisation ?
- L'incinération est-elle une source d'énergie renouvelable permettant de lutter contre le réchauffement climatique ?
- L'incinération crée-t-elle des emplois et est-elle favorable à l'économie locale ?
- L'incinération des déchets est-elle un frein au développement des filières alternatives ?
- L’incinération n’est-elle pas indispensable pour réduire la mise en décharge ?
