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Les raisons d’un moratoire

# Modifié le 21/03/2007 à 16 h:39

L'incinération des déchets est-elle un frein au développement des filières alternatives ?

OUI : La construction d’un incinérateur sur un territoire est un engagement sur le long terme. La collectivité qui fait le choix de l’incinération s’engage auprès de l’exploitant de l’usine pour une délégation de service public d’une vingtaine d’années en général. Pour fonctionner, un incinérateur doit absorber une quantité constante de déchets qui correspond à sa capacité unitaire de traitement. Il est donc impossible d'engager de réelles politiques de prévention et de réduction de la production de déchets alors que les collectivités doivent fournir la même quantité de déchets pendant toute la durée de vie de l’incinérateur.
Les coûts très élevés d’investissements et d’exploitation d’une usine d’incinération, à la charge de la collectivité, limite ses capacités d’investissement dans des filières alternatives comme le recyclage, le compostage ou la méthanisation. Certains maires sont réticents à l’idée de se lancer dans des filières innovantes car cela demande des efforts pour contacter les acteurs de ces filières d’une part, et des efforts de communication et d’éducation envers les citoyens d’autre part.
L’incinération est donc souvent la solution de facilité à très court terme. Facilité toute relative étant donné l’opposition citoyenne qui s’élève lors de projets de construction d’incinérateurs. De plus, si la mise en place de filières alternatives peut s’avérer plus longue que le recours à l’incinération (et excéder la durée d'un mandat politique local), il ne faut pas oublier que la durée de la construction d’un incinérateur est de 7 à 8 ans. Autant d’années que l’on pourrait consacrer à la mise en place de solutions alternatives et aux efforts de communication, d’éducation et de sensibilisation des citoyens.