Les raisons d’un moratoire
# Modifié le 21/03/2007 à 16 h:39
L'incinération fait-elle disparaître les déchets ?
NON : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » (Lavoisier) :
l'incinération n’échappe pas à la règle. Les déchets sont transformés en cendres et
en fumées, mais en aucun cas les déchets ne disparaissent. Ce qui rentre dans un
incinérateur ressortira sous une forme ou une autre en ayant souvent gagné en
toxicité.
Ainsi, la combustion de 1000 kgs de déchets produit entre 300 et 350 kg de résidus
solides hétérogènes, appelés mâchefers, 30 kg de cendres hautement toxiques, les
REFIOM, et 600 kg de fumées. Tous ces résidus de l’incinération contiennent en
quantité plus ou moins variables des polluants organiques persistants (POPs) tels
que dioxines et furannes, des métaux lourds (plomb, mercure, cadmium) et de
nombreuses autres substances chimiques.
L'incinération permet de réduire de 75 % le poids et de 90 % le volume des déchets.
Si la réduction du volume a été pendant longtemps la préoccupation principale pour
les élus, malheureusement, en matière de santé publique, le poids et le volume des
déchets sont des critères absurdes, le véritable critère étant la toxicité des déchets.
Or, l’incinération, par le processus de combustion, entraîne la formation de nouvelles
molécules et produit un ensemble de déchets toxiques représentant plus d’un tiers
du poids des déchets non toxiques qu’on lui confie. Ces déchets nécessitent d’autres
technologies coûteuses pour, malgré tout, atterrir dans une décharge qui n’est jamais
une garantie de sécurité. L’incinération a donc besoin de décharges pour déchets
ultimes pour ses mâchefers et de décharges pour déchets dangereux pour ses
REFIOM. Une récente décision du tribunal administratif de Montpellier, le 9 février
2007, a annulé l’autorisation d’exploiter l’incinérateur de Lunel-Viel (Hérault) pour
absence de solution de proximité et durable pour le traitement et le stockage des
mâchefers, transportés à plus de 100 kms de l’incinérateur.
De plus, l'incinération disperse dans l’air des polluants qui, pour avoir été réduits en
quantité, n’en demeurent pas moins dangereux. Aujourd’hui, avec les nouvelles
usines, comme à Issy-les-Moulineaux, qui doivent soigner leur image, les cheminées
sont intégrées dans une architecture moderne et leurs fumées blanches deviennent
invisibles par un traitement « anti-panache » mais le problème reste toutefois bien
présent : 6000 m3 de fumées seront toujours rejetés pour chaque tonne de déchets
incinérés.
Pages de l'article
- L'incinération présente-t-elle un risque pour la santé publique ?
- Les nouveaux incinérateurs sont-ils « propres » et sans danger ?
- L'incinération fait-elle disparaître les déchets ?
- L'incinération est-elle une opération de valorisation ?
- L'incinération est-elle une source d'énergie renouvelable permettant de lutter contre le réchauffement climatique ?
- L'incinération crée-t-elle des emplois et est-elle favorable à l'économie locale ?
- L'incinération des déchets est-elle un frein au développement des filières alternatives ?
- L’incinération n’est-elle pas indispensable pour réduire la mise en décharge ?
