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Les raisons d’un moratoire

# Modifié le 21/03/2007 à 16 h:39

15 mars 2007

Questions/Réponses sur l’incinération des déchets. Document réalisé par le CNIID.

  1. L'incinération présente-t-elle un risque pour la santé publique ?
  2. Les nouveaux incinérateurs sont-ils « propres » et sans danger ?
  3. ...

L'incinération présente-t-elle un risque pour la santé publique ?

OUI : Les nombreux polluants émis par l'incinération sont diffusés dans l'atmosphère et contaminent les sols, l’eau et les cultures. Du fait de la bioaccumulation de certains polluants, c’est toute la chaîne alimentaire qui se retrouve touchée et au final l’être humain, directement ou indirectement.
L'exposition des personnes vivant aux alentours d'une unité d'incinération peut se produire par inhalation de toxiques contenus dans les fumées (poussières, oxydes d’azote, dioxyde de soufre). Il s'agit là d'une exposition directe. L’exposition principale pour les populations est indirecte et se fait par l'ingestion d'aliments cultivés ou produits sous les retombées des fumées et consommés localement.

De nombreux problèmes de santé ont été associés au fait de vivre à proximité d'un incinérateur ou de travailler dans une de ces installations. Parmi ces problèmes, on trouve des cancers, des impacts nocifs sur le système respiratoire, des maladies du cœur, des effets sur le système immunitaire, des allergies amplifiées et des anomalies congénitales.
La vaste étude épidémiologique de l’Institut de Veille Sanitaire, dont les résultats ont été rendus publics en novembre 2006, sur l’incidence des cancers apparus entre 1990 et 1999 à proximité des usines d’incinération d’ordures ménagères, a mis en évidence un excès de risque statistiquement significatif pour plusieurs cancers avec, pour les populations les plus exposées, +9,7% de risque pour le cancer du foie, +8,4% pour les lymphomes, +12,9% pour les sarcomes des tissus mous (INVS, 2006).
Ces résultats viennent confirmer ceux d’une étude locale qui a mis en évidence une association positive significative entre l’apparition de lymphomes non-hodgkiniens (LNH) et la proximité de l'incinérateur de Besançon (Viel et al, 2000 ; Floret et al, 2003 ; Floret et al 2006).
Une étude menée dans la Région Rhône-Alpes par l’INSERM a mis en évidence une fréquence accrue de certaines malformations congénitales pour les populations vivant à proximité des incinérateurs de la région (INSERM, Cordier, 2002).
Le rôle de l’incinération dans la production de toxiques est reconnu par une convention internationale sur les polluants organiques persistants (Convention de Stockholm du 22 mai 2001) qui préconise la substitution du procédé d’incinération. Cette convention a été ratifiée par la France en 2004.

Le gouvernement des Philippines, a pris très au sérieux les problèmes nombreux et préoccupants générés par l’incinération. À la suite d’une forte opposition publique aux incinérateurs, le Philippine Clean Air Act de 1999 a interdit l’incinération des ordures ménagères, des déchets médicaux et des déchets dangereux. La réduction des déchets, leur réutilisation et leur recyclage sont mis en avant et la loi recommande l’usage de technologies sans combustion pour les déchets qui nécessitent un traitement. Pendant ce temps, la France soutient la construction de « méga-incinérateurs ».