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La biodiversité des variétés cultivées en danger menacées par les semences industrielles

# Modifié le 24/01/2011 à 11 h:09

Communiqué de presse de l'Alliance pour la planète

Lundi 7 juillet 2008

La première directive européenne sur les « variétés de conservation » « adaptées aux conditions locales et régionales et menacées d'érosion génétique » a été publiée le 21 juin 2008 (2008/62/CE) après 10 années de tractations. Sa transposition prévue en France, loin de défendre la biodiversité cultivée et les semences libres de droit de propriété, confie à l’industrie semencière la gestion de la conservation et le droit exclusif d’en diffuser les semences. Pour l'Alliance pour la Planète, la préservation et le renouvellement de la biodiversité doit se faire dans les champs et dans les jardins et non uniquement dans des banques de gènes.

La perte de biodiversité est enjeu majeur du 21 ème siècle dans la lutte contre les variations climatiques. La biodiversité agricole joue un rôle primordial pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté dans le monde. Actuellement 90 % de la nourriture provient de 15 espèces seulement dont le blé, le maïs et le riz représentent à eux seuls les 2/3. 80% des légumes cultivés il y a cinquante ans ont disparu, remplacés par des hybrides.

Comme le rappelle Anne Bringault, directrice des Amis de la Terre, « Depuis des temps immémoriaux la biodiversité cultivée a été entretenue et développée par les jardiniers et les agriculteurs qui sélectionnent et échangent les semences. Le catalogue officiel, sur lequel doit être inscrite toute variété dont les semences sont commercialisées, est destiné à favoriser le « progrès génétique » des variétés de l’industrie semencière : les critères et les coûts d’inscription sont inaccessibles aux paysans. Il les a privés du droit d’échanger leurs semences. »

Si la nouvelle Directive laisse aux États membres une certaine liberté d’application, le GNIS, Groupement National Interprofessionnel des Semences, puissant lobby agricole, a déjà fait connaître sa volonté de garder la main sur les semences et de n’accorder la « régularisation » qu'à la petite part de biodiversité vendue par l'industrie semencière. « La plus grande part de la biodiversité cultivée, conservée et renouvelée dans la clandestinité par les paysans (et les jardiniers), doit pour lui rester "sans papier" et être refoulée vers les frigos des collections ou disparaître. » (CP du 3-07-08)

Les associations de l’Alliance pour la Planète aux côtés du Réseau Semences Paysannes, de la Confédération Paysanne et de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique demandent au Président de la République de respecter les engagements de sa campagne électorale, les méthodes de travail et les documents issus du Grenelle de l’environnement en confiant au Ministre d'État chargé de l’Ecologie, aux collectivités territoriales, aux Parcs naturels et aux organisations de la société civile la gestion des dossiers concernant :

  • les variétés de conservation et les variétés anciennes,
  • les semences adaptées à l’agriculture biologique,
  • les droits des paysans et des jardiniers de ressemer, d’échanger et de vendre les semences qu’ils reproduisent.

La biodiversité des variétés cultivées en danger menacées par les semences industrielles (pdf)